THE GIANTS ARRIVES
Mettre la ville en scène c’est le travail des architectes. La divertir c’est le travail des artistes. Royal de Luxe le fait depuis trente ans d’une manière magnifique.
Que ce soit au moyen de représentations théâtrales scéniques « fixes » ou lors de magistrales parades déambulatoires la troupe de théâtre la plus populaire de France réussi
l’impossible : toucher la corde sensible de l’imaginaire collectif a une échelle que personne n’avait osé imaginer jusqu’alors, celle d’une ville entière.
CARGO
Un pour tous. Ils perdront leur identité et consacrerons le
reste de leur existence au bien être des machines.
Photo imprimee sur toile 90cmx40cm.
Les arts de la rue sont très peu immortalisés
et à juste titre. Personne ne peut emprisonner le mouvement et bien téméraire celui qui s’aventurerait a le faire, car c’est bien de cela qu’il s’agit lorsque l’on évoque les arts de la rue, de
bruit, d’action et de sueur. Ce que nous percevons de loin, assis confortablement dans une salle de théâtre, dans la rue, si le spectacle est bon, on le vit en direct avec l’Artiste. Nos
pulsations s’accordent avec ceux qui battent le pavé, nous devenons nous aussi les héros de l’aventure. Certaines compagnies ce sont mise au diapason
des techniques modernes alliant machinerie gigantesque et effets spéciaux sophistiqués (Les allemands de Titanick Theatre, les francais Royal de Luxe, Generik Vapeur, Oposito, La Compagnie
Off). Tandis que d’autre perpétue une tradition plus nihiliste en se produisant seul avec leur verve
au coin d’une rue ou dans le coffre de leur voiture (Ronan Tablantec)
Qu’ils soient peintres, musiciens, jongleurs, funambules, cascadeurs, danseurs ou manipulateurs, ces fils de Molière ont tous un point commun : ils travaillent sans filet. Le résultat en est
que plus intense et les photographies plus dramatiques.
Mes photos tableaux sont des arrêts sur image sur ces moments improbables dispensés par les surdoués du macadam. J’essaye de matérialiser ces instants de spectacles qui quelques fois nous transcendent. Je donne un indice, et puis comme lors de la représentation, c’est au passant-spectateur de faire travailler son imagination…de se laisser guider par ces personnages qui ont investi sa ville.
Le modèle n’est pas le sujet de mes tableaux mais c’est plutot ce que nous ne voyons pas qui le devient. Cette brume mystérieuse qui entoure mes personnages devient la clef qui ouvre la fenêtre sur l’imaginaire. La toile à tableau, épaisse et chaude comme les pages d’un vieux livre contribue, elle, à faciliter le passage de l’autre cote du miroir.
L'aspect technique de la photographie ne m’intéresse pas. Il ne s’agi pas de reportage non plus. C’est d’illustration dont il s’agit. Ma mission est d’essayer de coucher sur quelques centimètres carrés de papier la générosité de metteurs en scène géniaux. Je matérialise mes rêves et je les enferme, je les encadre afin d’en faire un jouet, un gadget, un bonbon qu’on développe et que l’on déguste lentement. Ces photographies réveilleront chez certains d’agréables souvenirs, d’autres auront peut-être la curiosité d’enquêter sur ce qui a bien pu se passer, ou ce qui se passera , ce jour là au Havre, a Foulou, a Londres, a Calais, a Berlin ou a New York.
Med.